Premières impressions d'une soirée entre célibataires
Ce soir, nouvelle expérience de la vie de Célibataire (avec un grand C, s’il vous plaît, tellement le statut devient courant : 14 millions d’inscrits sur Meetic, et autant sur d’autres sites de rencontres en Europe !) : une soirée meetic live, justement. Le principe est simple : des gens inscrits sur le site viennent à une soirée thématique, un after work comme on dit dans les milieux branchés, pour un temps limité, ce qui permet de ne pas avoir à rester jusqu’au bout de la nuit. Là, il s’agit de se rencontrer entre 19 et 22 heures. Arrivée cette heure, la lumière se rallume, et chacun… fait ce qui lui plaît, plaît (spéciale dédicace à mes lecteurs nés avant 1980). Le programme annonce des photos à afficher, des études préalables de vos profils et des questionnaires pour vous aider à trouver ceux que vous DEVEZ rencontrer, des présentations faites par les animateurs, des boissons, des chips, un concours de sélection de MP3, de la musique mélangeant indie-pop et électro, jouée par un DJ et que sais-je encore.
En fait de tout cela, le programme est assez vide. Les premiers arrivés se font réellement prendre en photo, et peuvent les annoter puis les susprendre sur un fil où les autres participants peuvent les regarder. Mais une fois passée la première demie-heure, le photographe se concentre sur la gente féminine… Sur leurs polaroïds, la plupart des hommes mettent leur numéro de portable, les femmes leur e-mail ou leur pseudo meetic. Les hommes seraient-ils toujours plus directs ou moins craintifs de ne pas avoir de filtre pour se prémunir contre les indélicat-e-s ? Les questionnaires se font rares, et limités (quelques questions sur l’homme / la femme / le couple idéal), les présentations orchestrées par les animateurs ont été oubliées, les chips ont dû être dévorées par les dix premiers arrivés, et l’indie-pop est remplacée par une house au kilomètre, et au volume un peu trop élevé pour permettre des conversations entre célibataires. Nous eûmes même droit à l’hymne de la Star Ac’…
Dans la galerie de photos, on remarque tout de suite Sylvain, quadra au profil de loser pathétique, notamment à cause de son e-mail antisexy, vainvain01@hotmail (pensait-il qu’hotmail signifie le mail chaud ?). Le même Vainvain sera repéré un peu plus tard dans la soirée, abordant à tour de bras toute femme se présentant à sa portée, et se prenant veste sur veste. Lui ? Bedonnant, avec une chemise désaccordée de sa veste, la ceinture du pantalon au niveau du nombril, de grosses lunettes et un petit air de ouin-ouin (spéciale dédicace à ceux qui appréciaient Antoine De Caunes et ses personnages). Vous avez tous eu un « nerd » dans votre classe ? Ben, ce soir, c’était lui.
Pas très loin, un grand homme au visage triste, et au costume cravate rigide, reste désespéremment dans son coin. Un banquier ? Il navigue d’un bout à l’autre de la salle, mais ne parle à personne, visiblement pas à l’aise. Il finira par partir au bout d’une petite heure, après avoir consommé son unique boisson offerte avec le prix d’entrée. Heureusement, dans le public, toutes les classes d’âges et de caractères se retrouvent, des joyeux lurons qui mettent l’ambiance à ceux qui les regardent (et les envient ? Ici comme ailleurs, les timides restent de côté…). Chose étrange, les soirées étant ouvertes à tous, on se retrouve in-fine avec seulement quelques personnes de sa classe d’âge. Pas mieux ou plus de choix que lors d’une soirée chez des amis… Et la manière de faire les choses correspond parfaitement aux jeunes et un peu moins jeunes (j’entends les trentenaires), mais au-delà, on sent quelque embarras à danser sur ces musiques que l’on n’aime pas et à hurler pour couvrir le son de la house filtrée balancée par le DJ.
Bon, vous l’aurez compris, je n’ai pas été séduit par le concept. Pas plus que par celui de la discothèque comme lieu où l’on peut rencontrer des inconnus, car c’est de cela que se rapprochait le plus cette soirée. De plus, l’idée que tous les participants savent que les autres sont -en théorie- célibataires les transforment tous/tes en cibles de chasseurs aux dents plus ou moins acérées. Et cela peut avoir un effet encore plus bloquant qu’une rencontre dans les rayons d’un supermarché… car l’enjeu de la discussion qui peut s’enclencher est toujours l’idée de créer un couple ; Un peu comme si en s’abordant, les gens se disaient « allons-nous passer le reste de notre vie ensemble ? ». Refroidissant, même pour le plus romantique des romantiques. Et comme il n’y a que des inconnus dans le bar, on se permet des regards et des commentaires acerbes et parfois durs. Pour se rassurer soi-même sur ses capacités à plaire et séduire ?
Heureusement, j’ai remporté le concours de la meilleure sélection MP3, avec un tube démago mais puissant (Mylo vs. Miami Sound Machine, un mélange entre un tube house actuel et un vieux tube latino des années 80). Et je suis reparti avec la photo d’une très charmante jeune femme qui animait la soirée bien plus que ceux dont c’était le rôle ! J’ai vu quelques paires se former, notamment chez les plus âgés, qui repartaient ensemble, probablement pour aller boire un autre verre dans un lieu plus propice à la découverte de l’autre. Les plus jeunes enchaînaient plutôt dans d’autres lieux festifs, en groupe. Pour ma part, je suis retourné vers chez moi, étant à la fois crevé et pas vraiment dispo. Avec une expérience intéressante de plus à vous faire partager :-)
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