Demago sort de la cave et se rapproche du Nirvana
Il y a quelques mois, on avait
découvert les Demago dans une cave. Enfin presque. Il
s'agissait du sous-sol du bar l'Ogre à Plumes, dans le
quartier branché d'Oberkampf. Un chouette lieu. A l'époque,
Demago se produisait en trio acoustique, Bleach et Maun aux guitares,
accompagnés d'une violoncelliste. Ils avaient joué une
dizaine de morceaux, ne laissant aucun répit aux spectateurs :
dix chansons au cordeau, qui nous avaient presque tiré des
larmes, tant par leur beauté que leur sensibilité.
Maun, le chanteur, était lui-même visiblement très
ému, ses textes révélant une cassure et des
doutes en pagaille. Ne chantait-t-il pas « peut-être
que Freud pourra m'aider » ou des envies d' « Hopital » ?
On les retrouve quelques mois plus tard, le 25 juin, à la Flèche d'or, là où ils ont tourné une partie de leur excellent clip « Respirez », nus sur scène. Désormais habillés et en quintet, le son s'est durci. Deux guitares électriques, une basse, une batterie et toujours l'indispensable violoncelle. Grâce à lui et à des rifs de guitare magnifiquement structurés, Demago atteint parfois des sons dignes d'un Led Zeppelin.
La salle est pleine et l'audience acquise à la cause démagogique. Ca hurle, ça gesticule, ça crie. Maun est transformé. Du gars complexé et à la limite du repli sur lui-même, il s'est mu en leader charismatique d'une salle qui n'attend qu'un maître pour la dompter. Tellement au fait de sa domination sur le public, il se permettra même de le prendre à rebrousse-poil, sans le perdre pour autant, avec un « Jo » triste à mourir et succédant à « la Finance », ce tube en puissance repris en choeur par les fans.
Entre deux morceaux, Maun se venge avec une spéciale dédicace contre celui qui a écrit une critique de leur album qui ne lui a pas plu (votre serviteur), revendiquant son écriture. Il a probablement bien raison, car sur scène, ses paroles prennent toute leur force. Et la musique suit. Sur « Hey doc », le premier single qui tourne en boucle sur plusieurs radios, Bleach se lance dans un solo de guitare des plus rock, à la limite du Hard, sans pour autant perdre le bon goût. Une bonne pêche dans la poire ! Ce soir, comme à l'Ogre à Plumes, Demago nous a encore collé des frissons. Merci à eux ! Seule petite frustration : qu'ils n'aient joué qu'une quarantaine de minutes. On en aurait bien repris.
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